Éliminée sans avoir perdu le moindre match, la Panthère Sportive du Ndé quitte la Coupe de la Confédération avec un sentiment forcément paradoxal. Face au Rayon Sports, le club camerounais a concédé un 1-1 à Yaoundé avant d’obtenir un 0-0 à Kigali. Sur le strict plan des résultats, le bilan n’a donc rien d’une débâcle. Mais cette élimination précoce fait ressurgir une question plus profonde : dans quelles conditions la Panthère a-t-elle réellement préparé sa campagne africaine ?
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LA SUITE APRÈS LA PUBLICITÉ
Le résultat ne raconte pas toute l’histoire
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La Panthère n’a pas été dominée au point de sortir de la compétition sur une succession de mauvaises performances. Au contraire, les deux rencontres contre le club rwandais se sont soldées par des scores serrés. Le problème s’est finalement joué sur un détail : le but encaissé à Yaoundé.
Mais c’est précisément ce détail qui interroge. Dans une double confrontation africaine, la préparation ne se limite pas à travailler les aspects tactiques. Elle suppose également de disposer d’un groupe suffisamment rodé pour gérer les moments clés, défendre un résultat et convertir les occasions lorsque la qualification se joue sur quelques séquences.
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Or, quelques jours après l’élimination, les déclarations de Bertin Ebwelle ont remis cette dimension au premier plan
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« Pour la plupart, c’était seulement leur deuxième match »
L’entraîneur de la Panthère a expliqué que le club avait connu un important renouvellement de son effectif. Plusieurs joueurs cadres auraient quitté le groupe, obligeant le staff à reconstruire rapidement une équipe avec de nouvelles recrues.
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Selon Ebwelle, une grande partie de ces joueurs n’en était qu’à son deuxième match officiel ensemble. Cette précision change la lecture de la campagne africaine : comment demander à une équipe nouvellement constituée d’afficher immédiatement les automatismes d’un groupe installé ?
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La question n’est pas de chercher une excuse à l’élimination. Elle est plutôt de déterminer si le calendrier et les conditions de constitution de l’effectif permettaient réellement au staff de construire une équipe compétitive dans les délais impartis.
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Cette problématique avait d’ailleurs commencé à apparaître après le match aller. Des critiques avaient alors porté sur le recrutement et sur le profil de certains joueurs intégrés à l’effectif, tandis que la préparation était déjà considérée comme insuffisante par certains observateurs.
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Pourquoi l’entraînement revient-il au centre du débat ?
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C’est ici que le discours de l’entraîneur prend une autre dimension.
Lorsqu’un groupe est profondément remanié, le travail quotidien devient déterminant. Les séances d’entraînement doivent permettre de créer des automatismes, d’assimiler les principes de jeu, de définir les complémentarités entre les joueurs et de construire progressivement une identité collective.
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Une équipe peut disposer de joueurs individuellement intéressants et pourtant manquer de cohésion. À l’inverse, un groupe ayant davantage de temps de travail commun peut compenser certaines limites individuelles par des automatismes.
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La question qui se pose autour de la Panthère est donc moins « les joueurs étaient-ils suffisamment bons ? » que « ont-ils eu suffisamment de temps et de stabilité pour devenir une équipe ? »
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La phrase de Bertin Ebwelle qui alimente les interrogations
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Après le match retour, le technicien camerounais a surtout retenu la prestation de ses joueurs et le manque de réussite. Mais il a également lancé un appel qui ne passe pas inaperçu : « J’espère tout simplement qu’on va laisser les entraîneurs travailler pour essayer de faire avancer les choses. »
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Cette déclaration peut être interprétée de plusieurs manières. Elle peut simplement traduire la volonté d’un entraîneur de bénéficier de davantage de temps pour construire son équipe après un important renouvellement de l’effectif. Mais elle peut aussi alimenter les interrogations sur la marge de manœuvre réellement accordée au staff technique.
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Qui décide du recrutement ? Qui définit les priorités sportives ? Combien de temps un entraîneur dispose-t-il pour travailler avec son groupe ? Et surtout, les choix administratifs et sportifs sont-ils suffisamment coordonnés avant une échéance continentale ?
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Ce sont ces questions, plus que le seul 0-0 de Kigali, qui commencent à occuper le débat autour de la Panthère.
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Une élimination qui révèle peut-être un problème de méthode
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Il serait cependant excessif de transformer une déclaration en preuve d’une ingérence administrative. Rien, dans les éléments disponibles, ne permet d’affirmer qu’une intervention de la direction dans le travail technique serait à l’origine de l’élimination.
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En revanche, les faits rapportés permettent de constater un problème de temporalité : un entraîneur arrivé quelques mois auparavant, un effectif largement renouvelé et une campagne africaine à préparer rapidement. Bertin Ebwelle avait été nommé à la tête de la Panthère en avril 2026, après le départ d’Yves Clément Arroga.
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Dans ces conditions, la préparation devient forcément un sujet central. Non pas parce que l’entraînement expliquerait à lui seul l’élimination, mais parce que le manque de temps de travail collectif peut avoir des conséquences directes sur la cohésion d’une équipe.
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Le véritable enseignement pour la suite
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La Panthère sort donc de cette aventure africaine avec un paradoxe : elle n’a perdu aucun de ses deux matches, mais elle n’a pas non plus réussi à gagner celui qui pouvait lui donner une marge suffisante pour le retour.
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Le débat qui s’ouvre désormais dépasse le résultat contre Rayon Sports. Il concerne la manière dont un club camerounais prépare une compétition continentale : anticipation du recrutement, stabilité de l’effectif, temps de préparation, coordination entre dirigeants et staff technique, mais aussi capacité à donner à l’entraîneur les conditions nécessaires pour construire son équipe.
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La phrase de Bertin Ebwelle sur la nécessité de « laisser les entraîneurs travailler » prend ainsi tout son relief. Elle ne permet pas, à elle seule, de conclure à une ingérence. Mais elle pose une question légitime : la Panthère avait-elle réellement réuni toutes les conditions pour permettre à son entraîneur de construire une équipe avant de se présenter sur la scène africaine ?
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C’est peut-être là que se trouve le véritable débat derrière cette élimination.



