Le football camerounais est en deuil. Jean Manga Onguéné, légende du Canon Sportif de Yaoundé et ancien Ballon d’Or africain, est décédé ce mardi à Paris à l’âge de 80 ans. De ses exploits sous le maillot du Kpa-Kum à ses responsabilités techniques auprès des Lions indomptables, « Jean Money » aura consacré l’essentiel de sa vie au football.
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Il était de ces joueurs dont le nom dépasse largement les statistiques. Jean Manga Onguéné appartenait à une époque où un maillot pouvait devenir une seconde peau. Né le 12 juin 1946 à Ngoulemekong, dans le Sud du Cameroun, il a construit toute sa légende sous les couleurs du Canon de Yaoundé.
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Entre 1966 et 1982, l’attaquant n’a connu qu’un seul club. Seize années au Kpa-Kum, une fidélité devenue rare dans le football moderne et qui a contribué à faire de lui l’une des figures les plus emblématiques de l’histoire du club.
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Une histoire intimement liée au Canon
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L’histoire de Manga Onguéné avec le Canon commence en 1966. À peine âgé de 20 ans, le jeune attaquant se signale de manière spectaculaire lors de ses débuts face au Caïman de Douala. Il inscrit cinq buts dans une victoire 7-1 du Canon, donnant immédiatement un aperçu de son potentiel.
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Au fil des saisons, le jeune avant-centre devient l’une des armes offensives majeures du club. Sa détente, son sens du placement et surtout son efficacité dans le jeu aérien lui valent le surnom de « Tête d’Or ».
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Avec le Canon, son palmarès prend rapidement des proportions historiques. Il remporte six championnats du Cameroun et six Coupes du Cameroun. Sur la scène continentale, il participe aux campagnes victorieuses du club en Coupe d’Afrique des clubs champions en 1971, 1978 et 1980, ainsi qu’au sacre en Coupe d’Afrique des vainqueurs de coupe en 1979.
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La saison 1980 constitue l’un des sommets de son parcours. Le Canon décroche une nouvelle fois la couronne continentale et Manga Onguéné termine l’année au sommet du football africain. France Football le désigne Ballon d’Or africain 1980, après le sacre de son coéquipier Thomas N’Kono en 1979.
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Cette distinction vient consacrer un joueur déjà installé parmi les grandes figures du continent.
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Les Lions et le rendez-vous manqué de 1982
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Avec le Cameroun, Manga Onguéné participe notamment aux CAN de 1970 au Soudan et de 1972 à domicile. Cette dernière édition se termine avec une troisième place pour les Lions indomptables.
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Son histoire avec la sélection aurait pourtant pu connaître un dernier chapitre particulièrement symbolique en 1982. Alors que le Cameroun s’apprête à disputer pour la première fois une Coupe du monde en Espagne, Manga Onguéné est touché au genou lors de la préparation en Allemagne.
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La blessure l’empêche finalement de prendre part au rendez-vous mondial. Un immense regret pour celui qui avait longtemps porté l’attaque camerounaise et qui voit alors sa place revenir à Roger Milla. Ce Mondial 1982, qui révèle au monde la génération dorée des Lions, se joue ainsi sans l’un de ses principaux artisans des années précédentes.
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Du terrain au banc
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La fin de sa carrière de joueur ne marque pas son éloignement du football. Au contraire. Manga Onguéné choisit de se former et d’investir le domaine technique.
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Il poursuit notamment une formation en France et se dirige vers l’encadrement, avant de revenir au Cameroun avec une nouvelle casquette : celle d’entraîneur.
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Son parcours sur les bancs le conduit notamment au Canon de Yaoundé et auprès des sélections nationales. Il occupe à plusieurs reprises des fonctions dans l’encadrement des Lions indomptables et participe également au travail technique autour de la sélection camerounaise. Les archives disponibles recensent notamment son passage à la tête de l’équipe nationale lors de la CAN 1998 au Burkina Faso.
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En 2001, son expertise le conduit également vers la FIFA, où il est appelé à travailler dans le développement du football en Afrique centrale. Son parcours ne se limite donc plus à la performance sportive : formation, développement, encadrement et administration deviennent progressivement les autres terrains de son engagement.
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Une vie consacrée au football camerounais
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Jean Manga Onguéné aura ainsi connu presque toutes les dimensions du football de haut niveau : joueur, capitaine, entraîneur, formateur et responsable technique.
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Son héritage dépasse ses trophées. Il appartient à cette génération qui a contribué à faire du Canon de Yaoundé une référence du football africain et à poser les bases de la grande histoire des Lions indomptables.
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Le Canon perd aujourd’hui l’un de ses monuments. Le Cameroun perd, lui, un ancien Ballon d’Or africain, un champion d’Afrique des clubs et une figure dont le nom restera définitivement associé à l’âge d’or du Kpa-Kum.
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Jean Money s’en va. La « Tête d’Or », elle, restera gravée dans la mémoire du football camerounais.



