La polémique autour de la sélection camerounaise connaît un nouvel épisode. Marc Brys, technicien belge écarté de la gestion des Lions Indomptables à la veille de la CAN 2025, est monté au créneau dans une sortie médiatique fracassante. L’entraîneur affirme se considérer toujours comme le sélectionneur légitime du Cameroun, annonce avoir engagé une procédure judiciaire et met en cause la gouvernance du football camerounais, jusqu’à évoquer une relation qu’il juge « étrange » entre le président de la FIFA, Gianni Infantino, et Samuel Eto’o, président de la FECAFOOT.
Dans ses déclarations, Marc Brys confie n’avoir suivi aucun des matchs disputés par les Lions depuis son éviction, y compris la rencontre face à l’Afrique du Sud. « Quand on est exclu injustement, on ne ressent plus l’envie d’analyser ces matchs », explique-t-il, tout en précisant qu’il souhaite sincèrement voir le Cameroun aller loin dans la compétition. Il affirme également être resté en contact avec certains joueurs, lesquels regrettent, selon lui, l’absence du staff initialement en place.
LA SUITE APRÈS LA PUBLICITÉ
Une éviction jugée « illégale »
Au cœur de sa colère : la manière dont il a été mis à l’écart. Marc Brys soutient n’avoir jamais reçu de notification officielle, ni de la FECAFOOT, ni du ministère des Sports. « Il n’y a jamais eu de communication. Nous avons demandé nos billets pour le Maroc, sans jamais obtenir de réponse », déplore-t-il, évoquant une situation d’incertitude totale jusqu’à l’annonce informelle de leur exclusion.
Pour le technicien belge, la procédure est claire : son contrat court toujours. « Je me considère toujours comme sélectionneur, car je n’ai pas été licencié. On ne peut pas être sélectionneur par intermittence », martèle-t-il, estimant que seule l’autorité qui l’a nommé – l’État camerounais – peut légalement mettre fin à sa mission. Il qualifie l’ensemble du processus d’« amateur » et d’« illégal », dénonçant une décision prise à quelques jours d’une grande compétition continentale.
Des accusations lourdes et une action en justice
Marc Brys annonce avoir confié le dossier à un avocat, affirmant que son contrat est explicite. S’il reconnaît la qualité des résultats sportifs actuels des Lions Indomptables, il insiste sur la distinction entre performances sur le terrain et respect du droit. « Les résultats sont excellents, mais les faits restent illégaux », insiste-t-il.
Dans une charge plus politique, l’entraîneur évoque un « acte d’opportunisme » et accuse certains acteurs de vouloir démontrer qu’ils seraient « au-dessus de la loi ». Il va plus loin en pointant le silence de la FIFA, estimant que Gianni Infantino aurait dû intervenir. Une inertie qu’il attribue à une relation qu’il juge « étrange » entre le président de l’instance mondiale et Samuel Eto’o.
Un dossier loin d’être clos
Sans se dire rancunier, Marc Brys admet voir « peu d’avenir » dans la situation actuelle, tout en précisant discuter avec d’autres clubs. Son intervention relance toutefois le débat sur la gouvernance du football camerounais, déjà fragilisé par des tensions récurrentes entre instances fédérales et autorités étatiques.
Alors que les Lions Indomptables poursuivent leur parcours sportif à la CAN, cette sortie médiatique rappelle que, loin des pelouses, la bataille se joue aussi dans les coulisses institutionnelles et, désormais, sur le terrain judiciaire.