Le rugby camerounais traverse une nouvelle zone de turbulences. Rugby Afrique a officiellement suspendu le Cameroun de toutes les compétitions continentales, une décision qui vient sanctionner une crise de gouvernance persistante au sommet de la discipline.
Selon plusieurs sources concordantes, cette suspension ne relève pas d’un simple dysfonctionnement administratif. Elle est le résultat d’un conflit institutionnel prolongé opposant la Fédération Camerounaise de Rugby (FECARUGBY) et le ministère des Sports et de l’Éducation Physique (MINSEP). En cause : des ingérences répétées du ministère dans la gestion interne de la fédération, au-delà de son rôle de tutelle et de régulation.
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D’après des observateurs du dossier, le MINSEP se serait progressivement imposé comme un acteur direct de la gouvernance fédérale, fragilisant les organes élus et entretenant un climat d’instabilité. Cette situation a conduit à une dualité de décisions, à des contestations internes et à une perte de crédibilité du rugby camerounais auprès des instances continentales.
Exposé sur la scène africaine, ce conflit n’est pas resté sans conséquences. Rugby Afrique a tranché en appliquant la sanction maximale : la suspension du Cameroun, privant ainsi les sélections nationales et les clubs de toute participation aux compétitions officielles. Une décision lourde, qui pénalise en premier lieu les joueurs, les encadreurs et les clubs, totalement étrangers aux querelles institutionnelles.
Au-delà de l’aspect sportif, c’est aussi l’image du Cameroun qui se retrouve écornée sur le plan continental. Plusieurs voix appellent désormais à un retour au respect strict des textes, à une clarification des rôles entre les acteurs et à un dialogue constructif afin d’éviter que cette crise ne compromette durablement l’avenir du rugby national.
Pour l’heure, aucune issue claire ne se dessine, tandis que la communauté rugbystique camerounaise retient son souffle, dans l’espoir d’un dénouement rapide et responsable.